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Noratus

Noratus Cemetery, Noratus Village, Khachkars of Noratus
Noratus Cemetery, Noratus Village, Khachkars of Noratus
Noratus Cemetery, Noratus Village, Khachkars of Noratus

Noratous est un village historique important situé dans la région de Gegharkunik en Arménie, près de la ville de Gavar. Pour la première fois, Noratous est mentionné comme habitation au Moyen Age alors qu’il s’agissait d’une cité beaucoup plus importante. Un fort mégalithique datant de l’Age du bronze près du village montre que Noratous est l’un des anciens lieux de l‘Arménie qui fut habité en permanence. Au nord-est de Noratous se trouve l’émetteur de Gavar, un énorme poste soviétique pour la radio à ondes longues, moyennes et courtes. Il y a un grand nombre de monuments et inscriptions d’origine médiévale dans le village et ses alentours.

L’une des plus célèbres églises de Noratous est celle de Sainte-Astvatsatsin (Sainte-Mère-de-Dieu) qui se trouve au centre du village. Elle a été construite à la fin du IXème siècle par Sahak, le prince de Gegharkunik. La salle de l’église était voûtée et construite entièrement en grandes pierres polies. Elle a été détruite au cours des derniers siècles et on pense que le dôme et le toit ont été détruits par les Lezguiens. Les immigrants d’Alashkert l’ont recouverte de bois de charpente. L’église possédait une cour clôturée où se trouvent maintenant beaucoup de khatchkars (croix de pierre) et de pierres tombales. La plus ancienne inscription se trouve sur un khatchkar qui se conserve maintenant au Musée d’histoire de l’Arménie.

Le village est connu pour son cimetière médiéval et ses nombreux anciens khatchkars. Il possède le plus grand nombre de khatchkars de la République d’Arménie. Actuellement, c’est le plus grand cimetière de khatchkars préservé après la destruction des khatckhars au Vieux Djoulfa, à Nakhitchevan, sous le gouvernement azerbaidjanais. Les plus anciens khatchkars du cimetière datent de la fin du Xème siècle. Lors de la renaissance de la tradition des khatchkars aux XVIème et XVIIème siècles, beaucoup d’entre eux ont été construits sous le joug de l’Empire Safavide lorsque les influences orientales se sont mélangées à l’art arménien.

Trois maîtres-sculpteurs de cette époque ont sculpté des khatchkars à Noratous, dont le plus important était Kiram Kazmogh (1551-1610). Ses contemporains étaient Arakel et Meliset. Le cimetière couvre une superficie de 7 hectares avec plus de 728 khatchkars aux ornements uniques. La majorité d’entre eux est recouverte de mousse et de lichen. Plusieurs pierres tombales du cimetière représentent des scènes de mariages et de la vie de la ferme. A côté de l’ancien cimetière, un nouveau cimetière a été construit, séparé par une longue clôture. Près du cimetière du village se trouve l’église de la Sainte Vierge datant du IXème siècle.

L’un des khatchkars a été offert au Musée britannique en 1977 par le Catholicos Vazgen Ier. La face du khatchkar rectangulaire présente une croix en feuille avec deux croix plus petites en dessous et encadrée de trèfles et de raisins. Une inscription sur le côté gauche évoque la grâce de Dieu. Un conte populaire sur le cimetière raconte l’invasion par l’armée de Tamerlan. D’après cette histoire, les villageois ont mis des casques sur les khatchkars et y ont appuyé des épées. De loin, les khatchkars ressemblaient à des soldats armés occupant une position défensive. L’armée de Tamerlan crut en cette farce et recula aussitôt.

Selon une autre histoire populaire du XIXème siècle, le moine Ter Karapet aurait célébré les funérailles dans un monastère près du village de Noratous. Pour éviter le trajet aller-retour de deux heures entre le cimetière et le monastère, il construit pour lui-même une petite cellule à Noratous. Quand il eut 90 ans, il demanda à ses frères de l’enterrer vivant. Ses dernières paroles furent les suivantes: ''Je n’ai pas peur de mort. Je ne veux pas que tu aies peur non plus. Ne craignez rien d’autre que le Dieu seul. Si tu as peur, laisse-moi venir te voir. Versez de l’eau sur la pierre tombale, buvez cette eau, lavez votre visage, votre poitrine, vos bras et vos jambes. Cassez ensuite le récipient qui contenait de l’eau. Alors, la peur vous quittera''. Encore aujourd’hui, les gens viennent sur la tombe du moine pour effectuer ce rituel et y laissent les morceaux de verre brisés.

Type Ville / Région
Résidence Gegharkunik province

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