Meghri

Meghri est une ville frontière, située à la confluence de la rivière Meghri, qui la traverse, et de l'Araxe, qui la sépare de l'Iran.

C’est le point le plus bas de l’Arménie avec une altitude de 300 m ce qui explique son climat radicalement différent, évoquant davantage l’Orient et l’Iran. Porte méridionale de l'Arménie, elle compte à l’heure actuelle près de 5 000 habitants.

Meghri est réputée depuis des siècles pour sa production de fruits d’excellente qualité, notamment pour les grenades, les kakis et les figues. Le climat subtropical qui y règne est idéal pour la culture de ces fruits. Durant l’ère soviétique, l’horticulture, la viniculture et les ateliers de conserverie conféraient à ses habitants des ressources indispensables aussi bien à leur subsistance qu’au développement économique de la région. Après la dislocation de l’URSS qui entraîna la privatisation des usines et la fin de l’exportation des récoltes, l’ensemble de la production et de la culture des fruits chuta considérablement. On estime aujourd’hui que 600 ha des surfaces exploitables sont sous-cultivées.

Autrefois également, les métiers traditionnels, tels que la joaillerie, la forgerie, la maçonnerie, la charpenterie, le tissage (laine, coton, soie), la tapisserie, la broderie et la dentellerie y étaient très développés. Les tapis, dont l’usage était très populaire, étaient confectionnés soit avec des motifs perses (des ornements rhombiques et des images des feuilles et des oiseaux), soit de manière plus classique avec des ornements de dragon.

Parmi les curiosités de la ville, on compte la forteresse de Meghri construite originellement au XIe siècle et rebâtie par David Bek au XVIIIe siècle, le monastère sainte Vierge (XVIIe siècle), l’église Saint Sarkis (XVIIe siècle), le monastère Meghri Vank (XVe-XVIIIe siècles), ainsi que des maisons ethnographiques des XVIIIe–XXe siècles.