Noratous

Ce village, l’un des plus anciens de la région de Guegharkunik, possède de nombreux vestiges du passé. Mais c’est surtout à son cimetière de khatchkars (croix de pierre), le plus vaste d’Arménie, qu’il doit sa réputation.

On en a recensé 728 (datant du IXe au XVIe siècle), qui côtoient les tombes des XVIIIe-XXe siècles pour former un impressionnant espace d’éternité.

Khatchkar est un «art» typiquement arménien. Ce n’est pas necéssairement une pierre tombale, il peut être utilisé également pour marquer la fondation d’un village, la fin de la construction d’une église ou tout simplement désigner le triomphe du christianisme.

Khatch signifie croix, kar signifie pierre. Les khatchkars sont souvent entourés d’une ornementation raffinée, ou sont décorés de raisins ou de grenades qui sont signes de vie. Tout de même les plus anciens khatchkars se font remarquer par la simplicité de leur ligne, sans aucune ornementation.

Le cimetière offre un panorama complet de l’art du khatchkar. Certaines pièces maîtresses sont exposées à Etchmiadzin.

« ... Au milieu d'une grande cour d'herbe, Saint-Grégoire offre sa silhouette élancée au regard. Quelques mètres de façade, quelques pierres alentour et de rares motifs aux contours des fenêtres. Mais la sérénité blanche du silence, la paix dans l'équilibre.

Nul ensemble d'images ne peut traduire ce que le corps ressent à parcourir cette multitude de pierres sculptées qu'est le cimetière de Noratous. Lieu de sérénité, vaste espace où la création humaine a multiplié ses traces, des traits naïfs des pierres tombales à la profusion des entrelacs où perdre l'oeil, de l'agencement bien ordonné des pierres à ces fragments en désordre que le temps a créés...»

«Rémy Prin - Parole et Patrimoine»